Poser la question du studio, c’est d’abord poser une question politique : à quels lieux les danseurs ont-ils droit ? Revendiquer – face à la pression immobilière, aux habitudes de construction, aux impensés de décisionnaires… – des lieux adaptés à la danse relève aujourd’hui encore du militantisme.

Mais avec le studio, c’est aussi un ensemble de questions historiques et artistiques qui surgissent : depuis quand considère-t-on que le danseur a besoin d'un lieu de travail spécifique ? Comment ce lieu de travail a-t-il évolué au fil du temps ? Qu'est-ce qui fait "l'âme" d'un studio ? A l'heure où la danse transcende les frontières entre les arts et s'invente de nouveaux modes d'existence, que signifie la notion de "travail en studio" ?...

C’est donc un parcours à la recherche du studio que propose ce numéro, en croisant l’esthétique, les pratiques corporelles, l’économie de la danse et l’identité professionnelle des danseurs.